世界文学全集のためのメモ 2 『猫を抱いて象と泳ぐ』 小川洋子

日本語編 1

小川洋子
1962-

『猫を抱いて象と泳ぐ』
2008

フランス語訳
Yôko Ogawa, Le petit joueur d’échecs (traduit par Rose-Marie Makino-Fayolle, Arles: Actes Sud, 2015)

「あなたに初めてチェスを教えたのがどんな人物だったか、私にはよく分かりますよ」

 ある日、対局の途中で不意に老婆令嬢が口を開いた。喋り方は令嬢の名のとおり上品だったが、その声は彼が付けたあだ名の〝老婆〟に相応しく老いていた。

「駒の並べ方、動き方を教えてくれたのが誰だったか、それはその後のチェス人生に大きく関わってくると思いません? チェスをする人にとっての指紋みたいなものね」

 話を続けながら老婆令嬢は、ナイトをc3に跳ね出した。

「一度刻まれたら一生消えない、他の誰とも違うその人だけの印になるんです。自分では思うがままに指しているつもりでも、最初に持たせてもらった駒の感触からは逃れられない。それは指紋のように染み付いて、無意識のうちにチェス観の土台を成しているのよ。勇敢な指紋は勇敢なチェスを、麗々しい指紋は麗々しいチェスを、冷徹な指紋は冷徹なチェスを指すのです」

 リトル・アリョーヒンはビショップをb4へ展開した。

「あなたの先生はきっと耳のいい方ね。辛抱強くいつまでも、駒の声にじっと耳を傾けていられる方。自分の声よりも駒の声を大事にできる方。あなたのチェスを見ていれば分かります」

 そうなんです、マスターはそういう人だったんです、と思わずリトル・アリョーヒンは声を上げそうになり、慌てて両手を口で覆い、唇をきつく閉じた。レバーが傾き、〝リトル・アリョーヒン〟の左手がテーブルの縁でコツンと音を立てた。一瞬、ミイラのハッとする気配が暗闇の中にも伝わってきたが、老婆令嬢は平然とポーンをe3に進めた。

 マスターはいつまででも待つことができる人なんです。かしたりうんざりしたりしないんです。こんな僕の数歩先に立って、じっと待って、道しるべになってくれる人。俺はここにいるぞと決して叫ばない人。自分の気持は全部自分の中に押しとどめて、それがあふれ出さないようにおやつを一杯食べて、それで死んじゃった人……。リトル・アリョーヒンは産声を上げなかった時の唇をよみがえらせるようにして、言葉を呑み込んだ。

「人形にだってやはり、最初にチェスを教えてくれた人はいるはずよね」

 相変わらず老婆令嬢は落ち着いていた。リトル・アリョーヒンはズボンのポケットに右手を突っ込み、ポーンの駒袋を握り締め、気持が鎮まるのを待った。チェスをするたび、盤上にマスターの面影が映し出されていたなんて、自分の指にマスターが刻んでくれた指紋が残っているなんて、どうして今まで気づかなかったのだろうと彼は思った。甘い匂いに包まれた回送バスの中でマスターにチェスを教えてもらえた幸運を、神様に感謝した。

「できれば私も、あなたの先生のような方にチェスを教わりたかった。あなたのチェスは、相手にそう思わせるようなチェスね」

 リトル・アリョーヒンは老婆令嬢にマスターの話をしたかった。テーブルチェス盤やポーンや回送バスについて教えてあげたかった。老婆令嬢の先生がどんな人だったか、聞いてみたかった。しかし彼の願いは何一つ叶わないのだった。話し掛ける代わりにリトル・アリョーヒンは、ルークでa3のポーンを取った。ミイラのワンピースのひだが、さっと揺らめく音が聞こえた。

「まあ、何て凄い手なの」

 老婆令嬢はつぶやいた。(pp. 171-174)*1

― Je vois très bien le genre de personne qui vous a initié aux échecs, vous savez, lui dit-elle un soir au cours du jeu.

Son élocution, en véritable demoiselle, était distinguée, mais sa voix était bien celle d’une demoiselle, comme le garçon l’avait surnommée en son cœur.

― Vous ne croyez pas que celui qui vous a enseigné la manière d’aligner ou de déplacer les pièces influe grandement sur votre vie de joueur d’échecs ? Pour celui qui pratique les échecs, c’est comme une empreinte digitale.

Tout en continuant à parler, la vielle demoiselle fit bondir son cavalier en c3.

― Une fois qu’elle est imprimée, l’empreinte ne disparaît pas de toute la vie, elle est différent des autres et devient la marque unique de cette personne. Même si l’on pense jouer à sa fantaisie, on ne peut échapper à la sensation des pièces telle qu’on nous l’a fait découvrir. Cette empreinte gravée au fond de nous constitue à notre insu la base de notre idée des échecs. Courageuse, elle donne un jeu courageux, émouvante un jeu émouvant, et perspicace un jeu perspicace.

Le petit joueur d’échecs se lança avec le fou en b4.

― Votre professeur devait avoir une bonne oreille. Il était certainement capable d’écouter avec persévérance la voix des pièces. Il devait leur accorder plus d’importance qu’à sa propre voix. Je le sais à vous voir jouer.

C’est exact, le maître était ainsi, faillit crier le petit jouerur d’échecs, qui porta précipitamment ses mains à sa bouche en serrant les lèvres. Le triple levier s’inclina, la main gauche de “Little Alekhine” vint heurter le bord de la table. Sur le moment, il sentit dans l’obscurité le sursaut de Miira mais la vielle demoiselle imperturbable fit avancer le pion en e3.

Le maître est capable d’attendre indéfiniment. Il ne se précipite pas, ne se lasse pas. Debout à quelques pas de moi, il attend patiemment et c’est ainsi qu’il devient un repère. Il ne crie jamais pour montrer où il se trouve. Il garde tout ce qu’il ressent à l’intérieur de lui, mange beaucoup de choses sucrées pour ne pas se faire déborder et c’est pour cette raison qu’il est mort... Le petit joueur d’échecs ravala ses paroles en serrant les lèvres comme à sa naissance quand il avait été incapable de pousser son premier cri.

―Cette poupée a certainement été elle aussi initiée aux échecs.

La demoiselle était toujours aussi paisible. Le petit joueur d’échecs plongea la main dans la poche de son pantalon, serra le sac de pièces, attendit de se calmer. Chaque fois qu’il jouait aux échecs, l’ombre du maître planait sur l’échiquer, et le maître avait laissé son empreinte sur les doigts du garçon. Comment ne s’en était-il pas aperçu plus tôt ? Il remercia Dieu de lui avoir accordé le bonheur d’apprendre les échecs dans l’autobus saturé d’odeurs sucrées.

― Moi aussi j’aurais aimé, si cela avait été possible, apprendre les échecs avec votre professeur. Votre jeu est tel qu’il donne cette envie aux autres.

Le petit joueur d’échecs aurait bien voulu lui parler du maître, tout lui dire au sujet de la table d’échecs, Pion et l’autobus dans l’arrière-cour du dépôt. Il aurait voulu lui demander qui avait été son professeur. Mais aucun de ses souhaits ne pouvait être exaucé. Au lieu de lui parler, avec la tour il prit le pion en a3. Il perçut le mouvement vif de la robe de Miira.

― Eh bien, quel coup terrible ! murmura la vielle demoiselle. (pp. 157-159)

「ねえ、前から一度、聞いておきたいと思っていたんだけど……」

 紙ナプキンを白衣の胸元に引っ掛けながら総婦長さんは言った。

「もっと別なところでチェスを指してみたいと考えることはない?」

「別なところ、とは……」

「つまり、もっと強い人を相手にするってことよ」

 リトル・アリョーヒンはどう答えていいか分からず口ごもり、総婦長さんは勢いよくロールキャベツにかぶりついた。

「いつか来た、ほら、何とかっていう国際マスターみたいな人」

「ええ、でも……」

「だってここじゃあ、お年寄りとしかできないもの」

 総婦長さんは口をもぐもぐさせた。相変わらず白衣の中にはたっぷりと肉が詰まり、キャップは身体の一部のように頭と馴染んでいた。

「あなたなら相当高いレベルの試合にも当然出られる、って国際マスターが言ってたじゃない」

「入居者から何か苦情があったのでしょうか。僕のチェスについて……」

 心配になって彼は尋ねた。

「馬鹿ねえ。そんなわけないでしょう。ただ、もしあなたが物足りなく感じていたら気の毒だと思ったの。まだ若いんだし、人生最強の時をこんな山奥で……」

「物足りないなんて考えたこともありません」

 空のお盆を抱えた手に力を込め、慌てて彼は否定した。

「そう?」

 その間もずっと総婦長さんはロールキャベツを頰張っていた。トマトソースの匂いが二人の間に立ちこめていた。

「はい。世界のあらゆる場所に、チェスをやりたい人はいるんです。世界チャンピオンを決定する試合会場にも、町のチェス倶楽部にも、老人マンションにも、〝リトル・アリョーヒン〟の中にも。皆、自分に一番相応しい場所でチェスを指しているんです。ああ、自分の居場所はここだなあ、と思えるところで」

「身体のサイズに関係なく?」

「僕は小さいから人形に入っているわけじゃありません。チェス盤の下でしかチェスが指せないでいたら、いつの間にか小さくなっただけです。ずっと昔からチェス盤の下が僕の居場所なんです」

「なるほど……」

 総婦長さんはスプーンで皿の中をかき回し、しばらく視線を宙に漂わせて何か考えたあと、最後の一個のロールキャベツに取り掛かった。

「人形を出たら、きっと僕はチェスを指せませんよ。そういう構造になっているんです、頭も身体も。国際マスターとの対局はもちろん素晴らしい体験でした。でも僕にその素晴らしさを映し出して見せてくれるのは、盤上じゃなく、盤下なんです。僕はもう、盤の下からは出られません。いくら願ってもビショップが、斜め以外、真っ直ぐには動けないのと、あるいは、屋上に取り残された象が地面に降りてこられないのと、同じです」

「象?」

「はい、象です」

 すっかり部屋を出て行くタイミングを逃したうえに、余計なことを喋りすぎてしまった気がして、リトル・アリョーヒンはうつむいた。(pp. 345-348)

― Dites-moi, il y a une question que je voulais vous poser depuis longtemps... lui demanda-t-elle en accrochant la serviette en papier à sa blouse blanche. Vous n’avez jamais eu envie d’aller jouer aux échecs dans un autre endroit ?

― Un autre endroit ?...

― Je veux dire, de jouer avec des partenaires plus forts.

Ne sachant quoi répondre, il bredouilla, tandis que l’infirmière en chef attaquait avec entrain ses feuilles de chou farcies.

― Comme celui qui est venu un jour, vous vous souvenez ? Ce soi-disant maître international dont je ne me rappelle plus le nom.

― Oui, mais...

― Enfin, ici vous ne pouvez jouer qu’avec des viellards.

L’infirmière en chef remuait ses mâchoires avec conviction. Comme d’habitude, sa chair plantureuse débordait de sa blouse blanche et sa coiffe adhérait à sa tête comme si elle faisait partie de son corps.

― Le maître international n’a-t-il pas dit qu’un joueur tel que vous devait pouvoir tout naturellement participer à des tournois d’un niveau supérieur ?

― Avez-vous eu des réclamations ? Au sujet des échecs... lui demanda-t-il, inquiet.

― Non. Vous savez bien que non. Je pensais seulement que ce serait dommage si vous pensiez que le niveau est insuffisant. Vous êtes encore jeune, et au plus fort de votre vie, au fond de ces montagnes...

― Je n’ai jamais pensé que c’était insuffisant, l’interrompit-il précipitamment en mettant toute sa force dans ses mains qui serraient le plateau vide.

― Vraiment ?

Pendant ce temps-là, l’infirmière en chef avait toujours la bouche pleine de feuilles de chou farcies. Une odeur de sauce tomate s’élevait entre eux.

― Oui. Partout il existe des gens qui veulent jouer aux échecs. Dans les salles de tournois où l’on détermine qui sera le champion du monde, comme dans les clubs d’échecs en ville, les résidences seniors, dans “Little Alekhine” aussi. Chacun joue aux échecs à l’endroit qui lui convient. Là où il pense que c’est sa place.

― Indépendamment de sa taille ?

― Ce n’est pas à cause de ma taille que je rentre dans l’automate. Je ne pouvais jouer aux échecs ailleurs que sous une table, c’est ainsi que j’ai fini par ne pas grandir, c’est tout. Ma place a toujours été sous l’échiquier.

― Je vois...

L’infirmière en chef, tournant sa cuillère dans son assiette, resta pensive un moment, les yeux au ciel, avant de s’attaquer au dernier rouleau de chou.

― À l’extérieur de l’automate, je serais sans doute incapable de jouer aux échecs, vous savez. C’est ainsi depuis toujours, pour ma tête comme pour mon corps. Bien sûr, jouer une partie avec un maître international a été une expérience merveilleuse. Mais pour moi, le merveilleux était dessous, pas dessus. Il ne m’est déjà plus possible d’en sortir. C’est comme pour le fou qui, même s’il le souhaite, ne peut se déplacer en ligne droite : il ne peu le faire qu’en diagonale ; ou comme pour l’éléphante laissée sur la terrasse et qui n’a jamais pu redescendre sur terre.

― L’éléphante ?

― Oui, l’éléphante.

Ayant l’impression que non seulement il avait laissé passer le moment de s’en aller, mais qu’en plus il avait trop parlé de chose superflues, le garçon baissa la tête. (pp. 315-317)

*1:引用は小川洋子『猫を抱いて象と泳ぐ』(文春文庫、2011年)による。